Nature et Photographie - Photographie animalière - Pic vert 27

Affût au pic vert

Affût au pic vert

Cela faisait des semaines que j’attendais cette rencontre avec le pic vert. Nous nous étions déjà croisés plusieurs fois au cours du printemps, alors que je faisais de la photographie en billebaude, mais les conditions n’avaient pas été là : soit la lumière était blafarde, soit nous avions été dérangés par des promeneurs bruyants…

Ces rencontres m’avaient toutefois permis de constater qu’il fréquentait plus particulièrement une zone boisée, à proximité d’un petit étang et de prairies. Le terrain était propice. D’autres repérages matinaux m’avaient également confirmé sa présence : de nombreux troncs d’arbres portaient sa marque, et j’avais pu entendre plusieurs fois son cri caractéristique dans les parages. Oui, il était bien là, il ne me restait plus qu’à être patient.

Un matin, de bonne heure, je me poste donc à proximité de cette zone. L’attente commence. Le pic vert passe une première fois, se pose sur le haut d’un arbre, et observe les environs. Quand il entend un bruit, il pivote autour du tronc pour rester dissimulé, se montrant très prudent. Puis voici qu’il s’envole de nouveau, et disparaît derrière d’autres branches. Cette fois, l’attente se prolonge durant plusieurs minutes, comportement inhabituel pour cet oiseau qui s’était montré jusque là particulièrement nerveux. Enfin, je le vois repartir. De mon mieux, je me camoufle et approche de l’arbre dans lequel il s’était dissimulé. Et là, bien à l’abri derrière les branches, j’aperçois un magnifique trou dans le tronc, à quelques mètres de hauteur : son nid.

Le lendemain, je m’installe dans des taillis, à l’affût, en faisant attention de ne pas avoir le soleil face à moi et en m’assurant une vue dégagée. Ma position et mon filet de camouflage devraient me dissimuler correctement. Commence alors une nouvelle attente. Plusieurs fois, je le vois passer à proximité, se poser sur de hautes branches, puis repartir aussitôt. Plus le temps passe, et plus je me demande s’il n’a pas deviné ma présence. Je patiente encore et entends son cri. Il est très proche cette fois. Et alors que je ne m’y attends pas, un autre cri lui répond, moins fort, en provenance du nid. Du trou dans l’arbre surgit maintenant la tête d’un petit, affamé si j’en crois ses appels à destination de l’adulte.

Camouflé sous mon filet, je commence à le photographier. Avec ses cris, il n’entend pas le déclencheur et ne fait pas attention à moi. Durant plus de deux heures, je reste là, saisissant chacune de ses attitudes. L’adulte est par contre bien plus prudent et, si j’arrive à le photographier sur le tronc à côté du trou, il m’est impossible d’assister au nourrissage. Plusieurs jours d’affût n’y changeront rien. Alors plutôt que de prendre le risque d’être trop intrusif et de les déranger, je me contenterai cette année de cette série de photographies du jeune pic vert au nid, sans le nourrissage.

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